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Les Bib'Art

08 nov 2009 à 12h59 par

L'histoire de la barrique

350 ans avant J.C. les Celtes ont élaboré des récipients de forme arrondie, étanche et pouvant supporter des efforts (roulage) et des charges (empilage) : c’est le tonnea, du nom latin «Dolium» qui veut dire arrondi. Depuis cette époque le tonneau n’a pas évolué et est toujours fabriqué avec les mêmes techniques. Le tonneau, mesure gauloise, contenait 1 000 litres.


La barrique

Après avoir servi de récipient de transport des liquides, il servit au transport des métaux précieux, des poudres, de l’ocre, du soufre, etc. Il servira également à contenir des poissons, des olives, les confitures, la moutarde, le vinaigre et cornichons. Columelle et Pline nous ont parIé d’un grand vase de terre appelé Cadus, dans lequel on conservait du vin.

Les Romains fabriquaient des petites cuves en bois nommées Culei. Diodore de Sicile, contemporain de César, écrit : Des marchands italiens exploitent la passion du vin qu’ont les Gaulois. Sur les bateaux qui suivent les cours d’eau ou par chariots qui roulent dans les plaines, ils transportent du vin, dont ils tirent des bénéfices incroyables, allant jusqu’à troquer une amphore contre un esclave, en sorte que l’acheteur livre son serviteur pour payer la boisson.

En 51 avant J.C. au siège d’Uxellodunum (aujourd’hui Vayrac dans le Lot) les historiens justifient l’utilisation de tonneaux comme moyen défensif. Ceux-ci étaient remplis de matières inflammables que César appela Cupae. Dès I’an 70 de l’ère chrétienne, sous Tibère et Vespasien, on connaît le tonneau Cupa (cuve), mais le nom latin Dolium désignait le tonneau. Les Romains désignaient aussi les grands vases en terre par Dolia. Vers la fin du siècle d’Auguste, au-delà des Cévennes, les Allobroges de la région de Vienne, dans la valIée du Rhône ont sélectionné une espèce de vigne qui s’acclimate à leur région. Ce cépage «allobrogique» porte des grains et résiste à la gelée. Ce qui recule de plusieurs centaines de kilomètres la limite septentrionale de la vigne. Au même moment dans les plaines d’Aquitaine, vers la région de Gaillac, un autre cépage «Biturica» fait la fortune de Bordeaux. D’où le trafic qui s’établit vers I’Angleterre et l’Irlande.

La progression de la vigne inquiète les Romains. Désormais à Rome on apprécie le vin gaulois. En 92, l’empereur Domitien décide la destruction du vignoble gaulois. Il s’agit de protéger le commerce romain devant une Gaule devenue à son tour puissance viticole. Pline l’ancien, signale l’apparition dans les régions proches des Alpes d’un singulier récipient conçu spécialement pour le vin, le tonneau de bois. Il est utilisé dans les pays froids, tandis qu’on préfère ailleurs loger le vin dans des vases de terre cuite. Le tonneau devient inséparable du vin, de sa fermentation à son transport.

Jusqu’à la guerre de 1914 le tonnelier est le maître de la cave. Il fermente, soigne le vin, entretient la cave. Après la guerre, le vigneron supprime le tonnelier et s’occupe lui-même de sa cave. Puis vers 1950 le transport s’effectue en récipient métallique. Ensuite on étend le remplacement du bois par des récipients plus modernes. Puis petit à petit, le vin est tiré en bouteilles et le fût n’a plus l’usage qu’il avait. Vers l’année 1956 les viticulteurs américains découvrent le fût français. Puis tous les pays producteurs de vins cherchent à améliorer la qualité de leurs vins en logeant en fûts de chêne français. En 1977 un groupe d’études se forme pour monter un groupe expérimental d’élevage des vins de Bourgogne en fûts neufs de chêne.

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